Françoise au pays du Mont Blanc
Nous pratiquons le Nei Gong dans une salle claire dont les trois larges baies s’ouvrent sur la montagne. Chaque matin sur ce triptyque les nuages défilent ou s’immobilisent, s’accrochent aux forêts selon les humeurs du vent.
Après les assouplissements, les exercices de base, le Shi San Shi, les duans. Puis le petit déjeuner. Et vers 10 heures, le départ en randonnée avec le pique nique dans le sac à dos.
Durant six jours nous marchons et pratiquons le Tai Chi au fil de notre progression.
Tai Chi Chuan et randonnées s’accordent, se font écho. Ils nous permettent d’accéder à un silence intérieur.
Lors de la marche le corps se met en mouvement, petit à petit la respiration s’installe, nous enchaînons nos pas, nous cherchons à les ajuster à notre souffle. Nous écoutons leur résonnance sur le sentier tapissé d’aiguilles dans la forêt de mélèzes, sur l’herbe rase des alpages, sur le gazon moelleux et humide près des sources, sur les schistes des pierriers.
L’air des montagnes est si léger !
L’œil anticipe, évalue le relief pour éviter les à-coups. Nous portons l’attention dans la pose du talon, dans le transfert du poids d’un pied sur l’autre. Le plein, le vide. Nous sommes en contact avec la terre. Nous recherchons la stabilité.
Guidé par le regard, l’esprit voyage et se nourrit. « Unir le corps et l’esprit… »
Défilent les pics, les séracs, les crêtes entaillées. Se superposent le bruit de la cascade, le cri des choucas, la senteur des résines. Les mousses fleuries, le duvet des anémones, le rose éclatant des azalées, le jaune profond de l’arnica des montagnes trouvent leurs places dans notre paysage intérieur.
En cheminant nous recueillons les couleurs, les lumières, la profondeur et la transparence du ciel.
La marche réveille en nous un espace intime.
Marcher, respirer, méditer…
Pendant la pause, quel plaisir d’inscrire dans le paysage nos gestes lents du Tai Chi.
Etirements, équilibre, enracinement, respiration, méditation…
Notre corps s’assouplit. Notre regard s’aiguise. Nous sommes reliés au ciel et à la terre.
Pesanteur, légèreté ! Nous sommes les deux à la fois.
Le groupe est attentif, chaleureux, bienveillant.
Un clin d’œil aux amis du Tai Chi : Emmanuelle, Anne, Christian, Ginette, Jean-Louis, Jean-Marie, Laurence, Nathalie, Pierre-Yves, Renaud, Véronique, Yveline, Yves !
Nous saluons Jean Eisenberg notre accompagnateur en montagne, Claude Eyrolles notre professeur.
Françoise Roumy
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